Le Mousso

Quand on est allés au Mousso, on a eu une place au bar; le serveur/barman nous a demandé comment on avait entendu parler du restaurant et, honnêtement, je ne m’en souvenais pas, parce que je suis pas mal de blogues de bouffe. Par contre, évidemment, je me souvenais que le compte Instagram du chef m’a fait complètement baver. À tel point que même si j’avais une liste de restos à essayer dont certains attendent depuis plus de 2 ans, j’ai préféré aller là dès qu’on eu l’occasion de faire garder notre petit pour une soirée. Par contre, j’en ai oublié ma caméra; vous avez donc ici des photos réalisées par un Samsung S4.

Le concept ? Un menu unique de 7 services; bref, toute la salle (qui ne compte qu’une trentaine de places) mange la même chose -sauf si vous avez des restrictions alimentaires. Une entrée additionnelle est proposée, mais dans le doute on a préférer décliner, même si on se doutait que les portions de chaque service étaient petites. On a débuté par un plat mettant en vedette le fenouil; sur un morceau de truite fumée au foin est posé un potage au céleri passé au siphon. Par-dessus, le foin ayant servi à fumer la truite a été brûlé et réduit en poudre. Quelques œufs de poisson se sont aussi glissés sous la mousse de céleri. Le résultat ? Étonnant. Le céleri est discret, mais bien là; juste assez dosé pour laisser la place à la truite délicate. Quant au foin, il ajoute un petit goût intéressant -et quelques petits morceaux qui n’ont pas été réduits en poudre ajoutent du croquant à l’ensemble.

Faites place ensuite à la carotte. Celle-ci est confite, servie aussi bien cuite que déshydratée, et servie avec du lait de chèvre caillé et des morceaux d’un petit gâteau d’inspiration indienne, donc épicé -au sens le plus large du terme, c’est-à-dire que ce n’est pas particulièrement piquant mais plutôt réalisé avec un beau mélange de cannelle, cardamome et autres… Le mariage de saveurs et textures est très réussi !

Petite pause; on nous propose un plat qui n’est pas au menu, soit un pain à la betterave, accompagné de beurre et carvi. On se laisse tenter… la mie est riche et délicieuse (le serveur nous a indiqué qu’il y avait du beurre et des œufs dans la pâte) et surtout, ce plat m’a permis de redécouvrir le carvi -son arôme complexe m’a laissé un goût délicieux sur les papilles.

Arrive alors le poireau; on s’attendait bêtement à ce qu’il soit chaud, et on a trouvé que le plat aurait été meilleur si ça avait été le cas. Celui-ci est donc servi froid, et légèrement brûlé, avec des moules cachées sous une écume faite à partir de leur propre jus, et un crumble de beurre noisette. J’ai systématiquement goûté chacun des éléments du plat, et le crumble m’a surprise (ça colle terriblement aux dents !) mais le tout fonctionne mieux si on les combine sur sa fourchette. Cependant, des 7 services, celui-ci m’a peu impressionnée.

Les champignons sont alors arrivés; tranchés très minces, ils sont servis sur un mélange de céréales cuites (orge, blé et seigle). Un jaune d’œuf de pintade confit a été râpé par-dessus, et une sauce épaisse accompagne le tout. Mais la star du plat, c’est un beau morceau de morue, fondant, caché entre les céréales et les champignons. Si les plats précédents étaient généralement étonnants et intéressants, celui-ci était le premier que je pourrais qualifier de « comfort food ». Superbement goûteux et réconfortant; j’en aurais demandé une autre portion !

image tirée de la page Facebook du Mousso

Avant de passer aux autres services, voici le chef responsable de tout ça : Antonin Mousseau-Rivard. Son grand-père, Jean-Paul Mousseau, était peintre, et a notamment réalisé le tableau devant lequel Antonin pose sur la photo ci-haut, ainsi que certaines œuvres dans le métro de Montréal. Pour en savoir plus sur Antonin, Élise Tastet a écrit un beau portrait de lui.

De retour au repas, on a ensuite eu droit à un tartare d’agneau; une viande que je n’avais jamais goûtée crue et qui était vraiment délicieuse ainsi préparée. Des petits morceaux de bacon d’agneau y sont mêlés, permettant ainsi de renforcer la saveur. Par-dessus sont parsemés des petits pois frais et séchés et une « chiée d’herbes » : un mélange de tout plein d’herbes québécoises aux noms obscurs, merveilleusement goûteuses. On les a grignotées une à une pour mieux les savourer et apprécier leurs différences : certaines plus acides, florales, épicées… Seul bémol, les petits pois séchés étaient un peu élastiques. Un bon cheddar de chèvre râpé complétait l’ensemble.

Autre comfort food : le bœuf. Un beau morceau, cuit 72 heures, servi avec de l’oignon légèrement croquant dans lequel est déposée la sauce, de la crème sure et de la poudre de cette même crème sure déshydratée. Ma pièce de bœuf comportait juste assez de gras pour qu’il puisse être mangé dans la même bouchée qu’un peu de viande; légèrement grillé et fondant, il m’a rappelé le gras goûteux de pork buns de Momofuku.
Encore un petit bémol, si mon morceau était absolument parfait, celui de mon chum comportait beaucoup trop de gras, ce qui était désagréable en bouche.

On arrive déjà au dessert (bin oui, ça passe vite finalement!) : une crème glacée au babeurre, accompagnée de pommes (ou de poires?…excusez mon oubli), de pousses d’oseille et de meringue au poivre. On a fait l’erreur (encore!) de croquer la meringue tout seule. C’est atroce : la quantité de poivre est phénoménale. Par contre, combinée avec la crème glacée (voluptueuse, une vraie tuerie) le mélange est parfait et le poivre juste assez présent. Là aussi, j’en aurais repris une portion.

La cuisine est au sous-sol, on peut donc espionner l’équipe en allant aux toilettes; si vous voyez un barbu avec une casquette colorée, c’est le chef (non visible sur ma photo). J’en ai profité pour lui faire un petit signe de tête avant de remonter dans la salle. Le service tirait à sa fin donc j’aurais probablement pu aller échanger quelques phrases avec lui, mais j’aurais parue groupie à juste insister à quel point le menu était étonnant (quoique j’aurais pu parler de mes petits « bémols » sur certains plats).

La salle est simple et lumineuse, avec des murs de brique peinte en blanc. Le niveau sonore est confortable, et si vous êtes installés au bar, vous pourrez jaser avec le barman, visiblement passionné et ayant goûté à chaque plat. Bref, je suis absolument ravie de mon expérience au Mousso !

Prix : 50 à 60 $ / 7 services (suivant le jour où vous y allez) avant taxes et service. Avec un verre de vin chacun et un café pour deux, ainsi que le plat additionnel de pain à la betterave, on a fini par payer 188 $, pourboire inclus.

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