Une soirée à l’izakaya

Les izakayas sont l’équivalent japonais du bistro où on se retrouve le soir avec amis ou collègues pour se détendre. J’en avais visité un minuscule à Tokyo entre de la station de métro Nishi-shinjuku-gochome et la rivière, où il y avait peut-être 7 ou 8 places au bar, et c’est tout. 
Au menu, un tas de plats marinés, dont le plus mémorable était la racine de lotus. Courgette, soja, patate, moelle, lanières d’algues… Les plats étaient de style tapas : petits mais présentant un grand nombre de saveurs différentes, ce qui permet de goûter à un tas de choses même avec un budget réduit.
Kazu est un tout petit restaurant qu’on voulait essayer depuis longtemps; d’ailleurs, si on est allées chez Imadake d’abord, c’est parce que Kazu était fermé pour rénovations ce jour-là. Il pourrait facilement passer inaperçu, si ce n’était la file d’attente qui se forme devant, même les soirs de semaine. C’est que les amateurs de bonne bouffe se passent le tuyau : l’attente vaut le coup !

Outre la carte, il y a un tas d’autres plats écrits à la main sur des feuilles scotchées au mur; devant l’abondance de plats, on fait un choix cruel, sachant déjà qu’on devra revenir : le tofu maison n’est servi que le dimanche ! On a commencé par les brochettes de pieuvre. Tendres et juteuses, avec une petite sauce sucrée-salée totalement délicieuse.

Un pajeon (crêpe d’origine plutôt coréenne) aux crevettes a suivi, avec une empilade généreuse de salade et de copeaux de poisson. Un plat à la fois bon et réconfortant.

Le porc mariné 48 heures avait attiré mon attention dès que je l’avais vu sur la carte; tendre et plein de saveurs, déposé sur un lit de riz blanc. À nouveau, un bel équilibre sucré-salé, et les oignons jaunes qui l’accompagnent, également marinés 48 heures, étaient mémorables !

Les boulettes de poulet, moelleuses et savoureuses, n’ont cependant pas fait l’unanimité, probablement parce qu’Alexia est tombée en plein sur les épices qui sont saupoudrées dessus -et là, même pour elle, c’était un peu fort. L’intérieur de la boulette est tendre et on est tenté d’en recommander, parce que 3 boulettes ça se mange vite, même quand on tente de les savourer au maximum. 

Installées au bar, on pouvait observer la réalisation des plats; comme l’endroit est très achalandé (on avait nous-mêmes attendu plus d’une demi-heure avant de pouvoir entrer) on a commandé un dessert, moitié par gourmandise et moitié pour justifier une prolongation de notre présence.

Kazu offre quelques crèmes glacées; j’ai pris à la prune et Alexia au thé vert. Au final, il s’agit d’une bonne crème molle à la vanille, sur laquelle ils ajoutent l’élément parfumant, dans notre cas un sirop à la prune et de la poudre de matcha. Une façon sympathique de finir le repas.

En conclusion, un repas excellent, une ambiance sympathique où, malgré l’exiguïté, le niveau sonore permet de s’entendre sans toutefois craindre d’être entendu par ses voisins; je n’ai pas trouvé les odeurs de cuisine dérangeantes -par contre il doit y faire pas mal chaud l’été. En tout cas, on sait qu’on va y retourner, pour le tofu bien sûr, mais pas seulement : ce restaurant mérite une visite régulière.
Prix : 5 à 20 $ selon le plat. Le repas pour 2 présenté ici a coûté 55 $ après taxes et pourboire.
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